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- 27.4.2009: Le grand bagnard
- 11.4.2009: Soif !
- 8.4.2009: Numéro de cirque
- 29.3.2009: Dans le square, les arbres sont couchés...
- 21.3.2009: Le buvard SITAR
- 19.3.2009: La plume sergent major
- 18.3.2009: Cartouches
Blogroll
Souvenirs
Archive pour mar
Dans le square, les arbres sont couchés…
29.3.2009 par Zeph.
Les exercices d’écriture rencontrés sur le blog de Stipe me font rire. (J’aime les exercices d’écriture qui me font rire)
Le dernier en date est le suivant :
Votre histoire (nouvelle, pièce en quatre actes, sonnet, pamphlet…) devra obligatoirement commencer par la phrase suivante : Dans le square les arbres sont couchés.
Vous prendrez grand soin de caser de façon plus ou moins outrecuidante TOUS les mots suivants, dans l’ordre qui vous chantera :
* Crochet
* Chevaucher
* Complication
* Dictionnaire
* Gondolé
* Hématome
* Imprudence
* Inopérant
* Onduler
* Pantelant
* Reblochon
* Vétérinaire
Et puis, tant que nous y sommes, les expressions suivantes :
* Les fondements sont sains
* A plates coutures
* Entre la poire et le fromage
* Les dés sont pipés
* On n’emmène pas des saucisses quand on va à Francfort
On peut conjuguer les verbes, mettre les noms et adjectifs au pluriel, bien entendu. Vous veillerez à inclure dans votre texte les situations indiquées ci-dessous. Vous pouvez les mentionner brièvement ou vous y attarder.
>> Faire intervenir Yuri Gagarine.
>> Insérer un SMS.
Ouf !
———————————
Voici ma copie :
Dans le square les arbres sont couchés. Battus à plates coutures par la tempête, ils ondulent. Yuri Gagarine, couvert d’hématomes et pantelant, envoie un SOS par SMS au capitaine Crochet.
« Ai rencontré de graves complications au cours de ma livraison de dictionnaires en Allemagne. Si les fondements sont sains, les dés sont pipés avec l’équipage de vieilles rosses que j’ai dû chevaucher.
Le vétérinaire, dérangé par imprudence entre la poire et le fromage (du Reblochon, je crois), a été inopérant et s’est gondolé. Il m’a dit qu’on n’emmène pas des saucisses quand on va à Francfort. »
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Le buvard SITAR
21.3.2009 par Zeph.
Dans ma précédente note relative aux sergents major, j’évoquais l’absolue nécessité d’être bien pourvu en buvards afin d’éponger les flots d’encre violette qui s’échappaient de nos plumes maladroites.
Nous en faisions collection et j’étais très envieux des buvards de mes petits camarades car, personnellement, j’avais toujours les mêmes buvards : les buvards SITAR. L’entreprise paternelle, comme les autres, avait son propre buvard. J’en étais abondamment pourvu et je me devais naturellement de les utiliser.
Les buvards ont disparus en même temps que nos plumes sergent major. On ne les trouve plus que sur les sites de vente aux enchères où ils atteignent des prix stupéfiants.

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La plume sergent major
19.3.2009 par Zeph.

Nous écrivions avec des plumes sergent major et en avions toujours deux ou trois dans notre plumier, en cas de rupture ou de contrariétés diverses.
On ne finasse pas longtemps avec la plume sergent major. Il faut lui obéir et faire les pleins et les déliés comme elle l’exige. A défaut, c’est le pâté assuré, la giclure, le dérapage ou la glissade incontrôlée sur le papier glacé.
Il ne faut pas davantage la charger d’encre exagérément. La plume sergent major aime la légèreté. Elle se déleste rapidement sur votre cahier de la goutte excédentaire. Ecrire nécessitait par conséquent de nombreuses allées et venues de la plume entre le cahier et le petit encrier en verre ou en porcelaine blanche enchâssé dans le trou aménagé à cet effet à l’angle droit du bureau d’école.
Les premières lettres sont bien grasses, et nécessiteront tôt ou tard la salutaire intervention du buvard. Rapidement, les suivantes sont de plus en plus pâles jusqu’à devenir exsangues. Bientôt ne subsiste plus que la trace des deux pointes de la plume. Il faut la recharger en belle encre violette – avec modération - afin d’écrire quelques mots supplémentaires.
Pour ne pas imprimer ce que l’on vient d’écrire sur la paume de sa propre main ou lorsque l’on va tourner la page, l’intervention du buvard est obligatoire. Son maniement demande, lui aussi, beaucoup d’agilité et d’adresse. Appliquer le buvard trop fortement sur l’encre risque de l’étaler autour de la ligne et de créer une brume violette sur le sujet, le verbe ou le complément d’objet, que ce dernier soit direct ou indirect. La plus grande retenue est de mise et si le plein de la lettre est trop frais, il est recommandé d’utiliser un coin du buvard pour éponger les excès. Les déliés appellent moins de précautions mais ils sont si proches des pleins qu’on ne peut les ignorer totalement lors du traitement.
Tirer un trait sur le cahier à l’aide de la plume sergent major et la règle en bois exige un œil vif, une main sûre, du sang froid et une grande maîtrise de soi. Il convient, en effet, de maintenir un espace constant et régulier entre la plume et la règle. A défaut, l’encre en profitera pour inonder la règle ou, bien pire, s’infiltrer entre celle-ci et la feuille de papier.
Pour ne pas vous lasser davantage, je repose la plume dans le… plumier. Mais attention ! L’encre sèche sur la plume et l’encrasse. L’usage du petit chiffon pour nettoyer la plume sergent major après la pose du point final est par conséquent fortement conseillé.
Ces exercices de tortures ne sont plus pratiqués que par les amoureux de calligraphie.
Aucun doute : le passage de la plume sergent major au clavier d’ordinateur - en passant par le stylo à bille – fait partie des évolutions les plus spectaculaires vécues par les anciens d’avant guerre et les papy-boomers.
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Cartouches
18.3.2009 par Zeph.
Maman avait un magnifique stylo-encre qui faisait mon admiration. Elle s’en servait pour m’écrire lorsque j’étais pensionnaire.
Le plus formidable était que ce stylo fonctionnait avec des cartouches d’encre en verre qui étaient fermées avec de minuscules bouchons de liège.
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Jenny
14.3.2009 par Zeph.
Nous sommes tous le bon génie de quelqu’un. J’en ai pris conscience ce matin alors que j’étais en retard pour me rendre au bureau.
Comme tous les matins.
─ Chéri, ma voiture a des problèmes de démarrage, peux-tu la déposer au garage en allant au bureau ?
─ Mais bien sûr, mon amour.
─ Et rapporte du pain, ce soir.
─ Pas de problème.
─ Ah ! Et n’oublie pas de me laisser de l’argent, je n’ai plus de liquide.
─ Ok.
─ Bon, dépêche-toi. Tu es en retard.
─ Je file.
─ A ce soir, chéri, tu es génial.
C’est à ce moment là que je me suis rendu compte qu’elle avait tout à fait raison. J’étais génial parce que j’étais un génie. Enfin, je veux dire « son bon génie ». Mine de rien, je venais de réaliser quatre de ses vœux. Et ma modestie dût-elle en souffrir, je suis en mesure d’affirmer que je renouvelle cet exploit presque tous les jours. Pourtant, je ne passe pas le reste du temps enfermé dans une lampe à huile. Pas du tout.
J’ai bien réfléchi à la question : Ce sont les histoires de Monsieur Aladin qui ont créé la confusion. Cet homme avait certainement des visions quand il voyait des bonhommes bleus ou roses sortir de sa lampe de poche.
J’arrive donc au bureau, et après avoir salué une cinquantaine de personnes qui ne s’étonnent nullement de l’heure avancée, j’arrive dans le mien et décroche le téléphone.
─ Jenny, je suis venu avec la voiture de ma femme. Vous verrez, elle tousse un peu au démarrage. Il faudrait la déposer au garage Martin. En revenant, passez chez le boulanger et rapportez deux pains. Ensuite, venez dans mon bureau avec le dossier « Défi du Samedi » et trouvez-moi quelques idées.
─ Bien, Monsieur le Directeur.
Jenny est ma secrétaire.
Elle a toujours des idées frappées au coin du génie.
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Le cadeau d’anniversaire
9.3.2009 par Zeph.
Puisque vous êtes en ligne, laissez-moi vous conter cette histoire vraie qu’il faut savoir lire entre les lignes.
Il était une fois un petit garçon qui s’appelait Pierre et qui avait un an de plus chaque année vers la même époque.
Les années changeaient au rythme que vous savez, et ses parents ne surent bientôt plus quoi lui offrir pour son anniversaire car il avait déjà tout ce qu’un petit garçon peut désirer.
Une année, ils lui offrirent une ligne.
Petit Pierre regarda cette ligne en se demandant ce qu’il pourrait bien en faire. On lui avait dit que l’on pouvait faire un million de choses avec une ligne, selon la ligne dont on disposait.
C’est qu’il y a des tas de lignes différentes : des lignes aériennes, des lignes flottantes, des lignes téléphoniques, des lignes de fond, etc. etc. mais celle qu’on lui avait offerte était toute simple. C’était une ligne banale et droite, ce qui offrait beaucoup de possibilités et lui permettait de donner libre cours à son imagination.
Enfin, il avait sa ligne et il n’avait déjà plus besoin d’aller à la pêche. Il la posa sur son bureau à côté de son cahier d’école et réalisa que ce dernier était plein de lignes prisonnières qui ne pouvaient pas bouger. D’ailleurs, sa main aussi était pleine de lignes qui n’en sortaient jamais. Celle qu’on lui avait offerte avait l’avantage d’être libre.
Libre, mais banale.
Plus il y réfléchissait, plus il se rendait compte que ce n’était pas les lignes qui manquaient autour de lui. Finalement, il en voyait partout et son professeur n’était pas le dernier pour en distribuer aux mauvais élèves.
Comment pouvait-il se faire que le professeur en donne cent aux mauvais élèves pendant que lui n’en n’avait eu qu’une seule à l’occasion de son anniversaire ? Cette ligne devait avoir quelque chose de différent, voire d’extraordinaire, mais il avait beau la regarder, il ne lui trouvait rien de spécial, à part sa couleur indéfinissable.
Il avait entendu parler d’une ligne bleue quelque part, de lignes rouges, vertes, noires, jaunes ou blanches, ces dernières étant particulièrement dangereuses, mais celle qu’on lui avait offerte n’avait aucune de ces couleurs ou toutes à la fois.
Il en conclut qu’il pourrait la franchir, la couper, la croiser, la dessiner, la dépasser, la copier, la lire, la sauter ou la tendre. Il pourrait même se mettre dedans ou se placer dessus, ce qui lui permettrait de la mordre, de reculer ou de se tromper.
Il décida par conséquent de ne pas en changer et de la garder.
Mais comme il n’était pas payé à la ligne comme certaines grandes personnes, il l’oublia. Et un jour, elle tomba de son bureau et se brisa.
Une ligne brisée marche beaucoup moins bien, évidemment.
Heureusement, petit Pierre avait une intelligence hors ligne et décida de se tracer sa propre ligne.
On dit qu’aujourd’hui, il la suit toujours et qu’il est pilote de ligne.
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Comment devenir intelligent ?
8.3.2009 par Zeph.
Prenez une tête au front bien dégagé,
Trépanez largement, sans peur ni préjugé.
Retirez le chou-fleur que vous y trouverez.
Placez-y un cerveau au QI certifié.
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Menthe sauvage
7.3.2009 par Zeph.
Ô menthe sauvage
Laisse-toi apprivoiser
Dans mon breuvage.
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Le retour des prédateurs
6.3.2009 par Zeph.
Ah, voilà bien longtemps que nous n’avions pas bénéficié de pluies aussi abondantes et bien réparties.
A perte de vue, nous pouvons contempler en cette fin de mois de juin des millions d’hectares de cultures appétissantes et de pâturages bien gras.
Demain, nous viendrons nettoyer tout cela, ce qui ne devrait pas nous prendre trop de temps. On sera quelques milliards à passer à table.
On est comme ça chez les criquets pèlerins.
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La lettre du futur
2.3.2009 par Zeph.
Mon cher Benjamin,
Tu sais à quel point nous sommes plongés actuellement dans un bain de morosité qui nous déprime chaque jour un peu plus.
Les optimistes sont traités de candides, tandis que les pessimistes qui passent pour des gens sérieux et réalistes, ne cessent d’annoncer l’effondrement de notre civilisation. Ceux qui ne le prévoient pas mercredi en huit à quinze heures trente, le voient plutôt mardi prochain à vingt heures quarante cinq.
A présent, tous ces pauvres malheureux d’une crédulité sans borne, sont prêts à donner leur vie à un tyran pour peu qu’on leur lance une poignée de riz ou de millet de temps en temps.
Pourtant les motifs de satisfaction de la situation actuelle sont nombreux.
Je n’en veux pour preuve que cette lettre du 25 février 2025 que je viens de recevoir. Tu seras peut-être étonné de la date d’expédition alors que nous ne sommes qu’en 2009, mais pour une fois que le courrier n’arrive pas en retard, je t’en prie, ne nous posons pas trop de questions.
Cette lettre émane d’Antoine, l’arrière-petit-fils de ma sœur (Je sais bien qu’elle n’a pas encore d’enfant, mais ne chipotons pas) et dit qu’en 2025, les excès que l’on a connus au début du XXIème siècle ont disparu et que des tas d’innovations et d’idées nouvelles ont germé pour résoudre les problèmes posés par la décroissance.
Tu vois, Benjamin, la vie est belle. Pour qui sait bien regarder, tout sur terre n’est qu’allégresse et bonheur ponctués par des rires d’enfants. Il aura fallu cette simple lettre pour m’ouvrir les yeux.
Je te laisse car l’infirmier vient me chercher pour ma promenade dans le parc.
Ta Tata.
(écrit pour les équipières)
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